Le projet mené à Houay Pien incarne la réussite d’une démarche fondée
sur la proximité, la confiance et la participation. Dans ce village de montagne,
où chaque ressource compte, l’eau est devenue bien plus qu’un simple service :
elle est désormais un levier de cohésion sociale, de santé et de dignité.
L’accès à une eau sûre (VOIR) et la gestion autonome du réseau
témoignent d’une appropriation pleine et entière par la communauté.
L’expérience a montré que la technique seule ne suffit pas : c’est la formation,
le dialogue et l’implication
de tous — femmes, hommes,
élus, enseignants et enfants
— qui garantissent la
pérennité d’un tel projet.
L’assainissement, plus
complexe à mettre en œuvre, a rappelé que le développement durable passe par
l’adaptation au terrain et par la patience. Les solutions envisagées, modestes mais
réfléchies, tracent la voie d’un progrès respectueux du milieu naturel et des capacités
locales.
Quant au bloc sanitaire de
l’école (VOIR), il incarne
l’esprit même du projet : un mélange de rigueur, de soin et d’humanité. En
offrant un lieu propre, sécurisé et accessible à tous, il ouvre la porte à de
nouvelles habitudes d’hygiène et à une meilleure qualité de vie dès le plus jeune
âge.
Au terme de cette aventure collective, Houay Pien n’est plus seulement un
village approvisionné en eau : c’est une communauté plus forte, plus solidaire
et plus confiante en son avenir.Ce projet, à la fois modeste et exemplaire,
rappelle qu’en montagne comme ailleurs, le développement le plus durable est
celui qui fait grandir les hommes autant que les infrastructures.
Après l’accès à l’eau (VOIR) le deuxième objectif, celui d’un réseau
d’assainissement complet, s’est heurté à la réalité du terrain.
Le relief escarpé, la dispersion des habitations et le coût des travaux ont
conduit les équipes à revoir leurs ambitions. Plutôt que d’imposer un modèle
inadapté, nous avons privilégié une approche pragmatique et écologique :
1.
réhabilitation du fossé principal
2.
création de puits perdus expérimentaux
3.
végétalisation des zones de rejet
Les habitants se sont fortement impliqués dans ces travaux, mobilisant
hommes et femmes pour creuser, maçonner et végétaliser.
Si les résultats restent à évaluer sur le long terme, cette démarche
témoigne d’une intelligence collective : adapter les solutions à la montagne,
plutôt que de la contraindre.
Le projet a aussi révélé un nouveau besoin exprimé par les femmes du village : construire des toilettes en dur pour les familles ne
disposant que d’espaces d’aisance sommaires.
Un signe que la dynamique communautaire est bien engagée et que les priorités émergent désormais de l’intérieur.
UNE PREMIÈRE POUR UN VILLAGE DE MONTAGNE
Un réseau d’assainissement
pour le village Houay Pien
64 familles - 72 constructions
380 habitants à majorité ethnie Khmu
Province de Luang Prabang - District de Phonxay
Prioriser les populations
les plus vulnérables
C’est un village majoritairement de l’ethnie
Khmu situé dans le district de Phonxay à 14 km
de Pak Nga, le chef-lieu du district.
Le village est très difficilement accessible
en saison des pluies. Les villageois vivent en
grande partie de l’élevage de bovins et de la
culture du riz.
Le village dispose de l’électricité et
accueille deux écoles : maternelle et primaire (55
élèves dont 14 en maternelle - 4 professeurs)
La bonne gouvernance du service de l’eau dépend de plusieurs facteurs : de la zone, de l’ethnie, de la profession des responsables
(maçon, agriculteur ou éleveur).
Plus le village est reculé, moins il a d’aide extérieure et les bénéficiaires sont généralement plus reconnaissants et entretiennent mieux
les équipements. Les villages les plus au sommet, dont celui de Houay Pien, sont ceux en plus grandes difficultés car ils ont moins de revenus,
l’accès est plus difficile réduisant les visites des techniciens de l’État, les ressources en eau sont les plus limitées et non pérenne.
Depuis peu, l’État laotien, au travers de la Nam Saat (littéralement « service de l’eau propre ») demande à ce que les projets intègrent
des branchements privés avec des compteurs individuels. La plupart des responsables de villages, notamment ceux ayant une ressource limitée,
pensent que cela peut inciter à une meilleure gestion de l’eau et une plus grande équité entre les usagers.
L’ensemble des ménages du village de Houay Pien
dispose de latrines, construites en majorité au cours des
dernières années, dans le cadre de la stratégie nationale « Open
Defecation Free » du Laos.
La gestion des eaux noires n’est donc pas un problème dans
le village.
La mise en place de branchements privatifs engendre
une augmentation et une dispersion des eaux grises dans le
village.
Ce sujet reste nouveau en zone rurale au Laos : il n’est,
pour l’heure, pas considéré comme un enjeu pour les autorités
locales ni comme un problème par les communautés villageoises.
Réflexion générale sur l’accès à l’eau
Les résultats sont mitigés à médiocres.
L’étude de terrain a révélé de fortes contraintes
topographiques et économiques rendant un réseau complet
d’assainissement inadapté au contexte montagnard et à la
configuration du village.
L’expertise a conduit à privilégier des solutions locales et
écologiques, telles que la réhabilitation du fossé principal, la
création de puits perdus expérimentaux et la végétalisation
des zones de ruissellement.
L’implication de la population, notamment lors des
travaux du fossé, a été importante.
Cependant, le caractère peu perméable des sols et le
manque de recul sur l’efficacité des puits perdus laissent des
points à suivre.
L’objectif est partiellement atteint, avec une approche
réaliste et progressive privilégiant l’adaptation au milieu.